dimanche 29 août 2010

30 août 2007

Demain, c'est le 30 août.

Le 30 août 2007, ça a été la pire journée de ma vie (et j'espère qu'elle le restera parce que des journées comme ça, on en veut jamais!).

Le 31 juillet, j'avais testé positif. On était super contents mais comme l'année précédente, ça s'était terminé en fausse-couche, on était sur nos gardes...

Évidemment, j'ai commencé à avoir du "spotting" la journée même...

Le lendemain, go à l'hôpital, passe une écho pelvienne, tout est beau, pas de saignements utérins, trompes non-obstruées, endomètre épais... Mais on ne voit pas de sac ni rien d'autre. Selon mes calculs, la conception aurait eu lieu le 14 juillet (je le sais, mon chum revenait de l'extérieur et il était parti depuis plusieurs semaines). On me conseille de retourner passer une écho dans 1 mois comme ça, on verra si ça a évolué ou pas. On sort de là, très déçus mais on se doit de rester positifs car on veut que cette fois-ci, ce soit la bonne!

Le 30 août, ça fait 2 semaines qu'on est déménagés et je ne me sens pas bien. Je n'ai plus de "spotting" depuis 2 jours. Mais je me sens vraiment bizarre... Mon chum me demande si je veux aller à l'hôpital, je lui dis que non. Je déteste les hôpitaux et je ne suis pas le genre à me pointer là pour "rien". Quelques minutes plus tard, je vais à la salle de bain, je suis en sueur et je me regarde dans le miroir: j'ai carrément le teint gris. Plus de couleurs dans mon visage, ça me fait peur de me voir ainsi. Je commence à avoir de la misère à respirer et je dis à mon chum que oui, je veux aller à l'hôpital.

On part, on roule à plus de 160 km/h sur une petite route de campagne... Je crie à mon chum: "Je vais mourir!!!!" Il me rassure, me parle, je sens mes yeux se fermer, je veux dormir... Il me dit de ne pas fermer mes yeux, de rester éveillée, de lui parler, etc.

On arrive dans le stationnement de l'hôpital, mon chum part à l'intérieur de l'urgence et crie de venir nous aider. 2 infirmières arrivent avec une civière, une autre vient me sortir de l'auto. J'ai terriblement froid, je veux dormir mais j'ai de la misère à respirer... Un médecin arrive, j'arrive à peine à dire que je suis enceinte, que je ne veux pas perdre un autre bébé... Elle m'examine, pas de pertes de sang, rien. On me branche sur l'oxygène, je dis que j'ai mal au ventre quand on appuie dessus, on me branche un soluté et on me passe une écho. Et là, la débandade commence...

J'ai l'abdomen rempli de sang. Je suis en hémorragie interne, ma pression chute trop rapidement, je perds beaucoup trop de sang. J'entends des gens parler (heureusement que je parle et comprends très bien l'anglais parce qu'on est pas au Québec quand c'est arrivé), ça bouge de partout, ça parle de me faire "airlifter" vers un autre hôpital... L'hélico n'est plus une option car la doc dit que ça prendrait trop de temps et ils pourraient me perdre... On décide de me préparer et m'opérer. Cet hôpital, le pire qu'ils traitent, c'est une appendicite. Ce n'est pas un gros hôpital, c'est un tout petit centre hospitalier et pour les cas plus graves, ils les transfèrent toujours. Mais là, ma vie ne tient qu'à un fil, ma pression continue de chuter...

Mon chum signe les papiers pour l'opération et je pars. Je me souviens d'avoir parlé à l'anesthésiste, lui avoir dit que je suis allergique à la pénicilline et ensuite, c'est le vide total.

Je suis restée 4 jours à l'hôpital. J'ai subi une salpingectomie (on m'a enlevé ma trompe gauche), j'ai perdu près de 3 litres de sang, on a dû me réanimer car mon coeur a cessé de battre car ma pression était trop basse mais j'ai surtout perdu un autre bébé. À l'écho, je me souviens avoir vu le coeur battre, même que la doc n'en revenait pas que malgré les dommages à ma trompe, le coeur battait...

Maintenant, il me reste une grosse cicatrice sur le ventre qui fait plus de 8 pouces de long et une cicatrice sur mon coeur. Sauf que... Je sais que le plus beau s'en vient, et que même si je n'aurai pas porté mes enfants ni avoir vécu un accouchement, je serai moi aussi une maman un jour...

4 commentaires:

  1. wow Josée, c'est beaucoup d'émotions ce matin !
    Ton histoire est très triste et a due être épouvantable à vivre, vraiment, et je te comprends très bien.

    Des fois la vie met sur notre chemin des barrages afin de nous faire dévier de notre route et emprunter un chemin que nous n'aurions jamais vu autrement et ce, afin que le destin suive son cours, afin que les gens qui devaient entrer dans nos vies nous retrouvent.

    Paulo Coehlo dit: Les rencontres importantes de notre vie sont planifiée par nos âmes bien avant que nos corps se voient.

    Tu feras une maman extraordinaire...

    à bientôt
    xx

    RépondreSupprimer
  2. Tu m'avais déjà raconté cette histoire... mais ouff, de la lire ce soir me met les larmes aux yeux... mais il est bon de savoir que votre chemin vous mènera très prochainement vers le bonheur de la parentalité!!!
    Je te souhaite effectivement que cette journée reste la pire de ta vie... difficile de faire pire...

    RépondreSupprimer
  3. Ouff, quel histoire!! Je suis désolée pour toi!
    Une autre triste perte mais tu es là toi qui continue avec beaucoup d'enthousiasme.

    RépondreSupprimer
  4. Je n'arrive pas à m'arrêter de verser des larmes et de frissonner. Je comprends trop bien.

    Julie

    RépondreSupprimer

About this blog